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Zone Arctique
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Quelques figures emblématiques de la découverte
du passage du Nord Ouest


Le passage du Nord Ouest est considéré comme allant, d’est en ouest, du détroit de Lancaster au détroit de Béring. Très tôt, il est apparu aux Européens comme une des dernières voix d’eau maritime à explorer. Des explorateurs comme Davis, Hudson ou Baffin ont reconnu la proximité du passage sur la partie est, de l’ouest au nord ouest du Groenland à la proximité de terre neuve. Béring et Cook, quant à eux, avaient levé une partie du mystère concernant le côté Pacifique. Il était déjà évident qu’une route pouvait exister au nord du continent américain et qu’elle permettrait de gagner énormément de distance entre les côtes de l’Europe et de l’Asie.

Dés le 19eme siècle, certains hommes se sont illustrés dans les expéditions polaires qui ont participé à la découverte du passage, repoussant très loin les limites de l’inconnue dans cet univers de glace.

>> Edward Parry . 1819-1825.
Edouard Parry était reconnu pour sa fougue et son jeune âge (27ans) lorsque John Barrow, alors secrétaire de l’Amirauté anglaise, lui confie sa première expédition en Arctique. Il revient alors d’une expédition ou il était le second de John Ross. Cette expédition menée un an plus tôt, allait réunir de très jeunes hommes qui devaient s’illustrer plus tard dans la découverte des régions polaires : John Ross et son neveu James Clark Ross, John Franklin et son camarade Edouard Parry, Georges Back, William Beechey, autant de nom qui jalonnent aujourd’hui la carte de l’Arctique.

En 1819, Parry se voit confier le commandement de l’ "Hecla " et du « Griper » pour retourner explorer plus avant des endroits que John Ross avait à peine approché.
Un fort vent d’est dans le détroit de Lancaster leur fait très vite découvrir des zones inconnues, laissant au passage le détroit du Prince-Régent et le détroit de Peel sur bâbord et le détroit de Wellington sur tribord. En sortant du détroit de Lancaster, ils nomment le nouveau détroit qu’ils empruntent du nom de Barrow. Ils arrêteront leur
 
course quelques milles après le 110eme méridien et accosterons les côtes de l’île Melville. Ils hiverneront à Winter Harbour (74°46’N-110°32’W). En 1821, Edward Parry repartira cette fois si vers la Baie d’Hudson, sur l’ « Hecla » et la « Fury », et passera la baie de foxe. Il se fera arrêter par la glace après un premier hivernage un peu plus au nord, découvrant une nouvelle voie de pénétration dans l’archipel arctique. Parry repartira alors à nouveau vers le détroit de Lancaster pour tenter une jonction avec cette route sud par les deux détroits devant lesquels il était passé lors de sa première exploration, mais il serra arrêté dans le Prince-Régent et devra hiverner à Port Bowen (73°13’N- 88°58’W).
La « fury se fit drosser à la côte à la fin de l’hiver et les deux
équipages rentrèrent sur l’ « Hecla ». Edouard Parry est un pionnier de la découverte de l’arctique canadien. Il accumula également de nombreuses observations de toute nature sur les mers, les glaces, les îles arctiques ainsi que sur le déplacement du pôle magnétique terrestre et les Inuits. Il était reconnu par sa haute valeur morale, par son intelligence et son indomptable énergie.


>> John Franklin (16 avril 1790- 11 juin 1847)
Toujours dans l’esprit de franchir le passage du Nord Ouest, Franklin cru bon de d’abord aller faire une reconnaissance par voie de terre. Du côté ouest du continent nord américain, Cook avait délimité le détroit de Béring jusqu’au Cap Glacé, et les environs de la rivière Mackenzie et de la rivière du Cuivre avait également était reconnue (Mackenzie 1789 et Hearne 1771). Rien de plus n’était découvert jusqu’au nord de la baie d’Hudson.
Franklin, ainsi que l’aspirant de marine Back et le docteur Richardson, relia ces différents endroits isolés et surtout émis l’hypothèse qu’une jonction existait avec l’île de Baffin et le détroit de Lancaster que Parry explorait par voie maritime au même moment. Nous sommes en 1819, Franklin avait alors 32 ans et il était déjà persuadé à juste titre que, si un passage existé, il était situé le long des côtes du nord Canada.En 1845, Sir John Barrow, qui arrivait à la fin de sa carrière de secrétaire de l’Amirauté britannique, confia l’ »Erebus » et le« Terror » à Franklin, malgré les avis défavorables selon lesquels Franklin arrivait à 59 ans et qu’il était trop vieux pour assumer une telle expédition. L’ « Erebus et le « Terror » revenait alors du tour de l’antarctique sous le commandement de James Clark Ross.
 
L’expédition arriva jusqu’au détroit de Lancaster et ils durent hiverner, la première année, à proximité de l’île Beechey (74°43’N-91°51’W). L’année d’après, ils s’enfoncèrent plus au sud et personnes ne devait jamais les revoir.


Sur les traces de Sir John Franklin.
1847- 1859: Programmes de recherche de l’expédition Franklin.


En 1848, par voie de terre, Richardson et Rae se rendirent en traîneau jusqu’aux rivages de l’océan glacial, tandis que le capitaine Moore allait se poster au détroit de Bering, là où il ne pouvait manquer de voir passer l’expédition. James Ross, quant à lui, partait à la recherche de Franklin par le détroit de Lancaster. Cela ne donna aucun résultat, mais deux jeunes officiers embarqués allaient se préparer aux luttes des années suivantes : Mc Clintock et Mc Clure.

En 1849, Ross rentra donc sans apporter de nouvelles de Franklin. « Un extraordinaire sentiment de solidarité international secoua l’opinion publique, animé par la foi ardente de Lady Jane Franklin ». Jusqu’à 1859, « quarante expéditions se succédèrent, tant par terre que par mer, et l’on peut dire que, du fait de la disparition de Franklin, l’arctique fut plus complètement exploré au cours de ces douze années qu’elle n’avait pu l’être dans les trois siècles précédents. »
Mc Clintock dénoua finalement le mystère qui régné autour de
l’expédition de Franklin. Parti sur le « Fox » en 1857, alors propriété de Lady Franklin, il gagna le détroit de Bellot (1858), tenta de le franchir à 6 reprises sans succès, et hiverna finalement au port Kennedy (72°02’N-94°20’W). Il parti de là en traîneau vers l’île du Roi Guillaume et trouva les preuves du tragique sort de l’ expédition Franklin.

>> Joseph-René Bellot (18 mars 1826- 18 août 1853) et Emile de Bray
Joseph-René Bellot est naît le 18 mars 1826 et fait ses classes dans la marine à Rochefort. En 1851, il embarque sur le vaisseau anglais le « Prince Albert » commandé par Kennedy. Ils hivernent à proximité de Port Léopold (73°51’N- 90°20’W) et sortiront des glaces le 08 août 1852. Le « Prince Albert » a fait partie des premières missions de recherche de Franklin. Cette expédition a permis de reconnaître entre autre le détroit qui porte le nom de détroit de Bellot.
J-R Bellot disparaît le 18 août 1853. Alors embarqué sur le « Phénix », bâtiment à vapeur destiné à ravitailler les bateaux de l’amirauté en Arctique, Pullen, commandant le « North Star », lui confie la mission d’acheminer des dépêches vers des bateaux prisonniers des glaces plus au nord. Parti en traîneau, il longe la côte du North Devon . Un fort vent de tempête c’est mis à souffler et a fait dériver une plaque de banquise sur laquelle il se trouvait alors. Les deux matelots qui se trouvaient en sa compagnie on pu témoigner qu’il on perdu un moment Bellot de vue et ne l’on plus revu.Un monument en l’honneur de Joseph-René Bellot se trouve sur l’île Beechey, ainsi qu’à Rochefort.
 
Un autre français c’est illustré lors de ces découvertes de nouvelles terres arctiques. Il s’agit d’Emile de Bray, embarqué sur la « Resolute » commandé par le capitaine Kellet. A bord se trouvait l’officier Mc Clintock, déjà considéré comme le plus grand expert des voyages en traîneau.

Mc Clintock avait déjà participé à de nombreux raids sur la glace, d’abord avec James Ross, ensuite avec le capitaine Austin, au cours desquels il avait parcouru de très vastes régions inconnues. « C’était un homme d’une énergie et d’une vigueur exceptionnelle et quand il rentrait d’une longue randonnée, ses camarades et ses chiens étaient en général à bout de forces, alors qu’il était dans la forme la plus parfaite, ne pensant qu’à repartir ».
Nous sommes en 1852 , et la « Resolute » hiverne à l’île Dealy
(74°57’N-108°44’W) à proximité de l’île Melville. De Bray secondera Mc Clintock durant des raids qui iront jusqu’à la reconnaissance de l’île du Prince Patrick, et Mc Clintock lui fera l’honneur de donner son nom à un cap sur l’île Melville (Cap De Bray : 76°07’N- 116°37’ W).

Liaison avec "l’Investigator", Mc Clure et son équipage deviennent les premiers hommes à faire la jonction d’ouest en est par le nord du continent américain.

Durant l’hivernage de la « Resolute », au printemps 1853, un raid part vers la baie Mercy (Miséricorde 74°05’N-119°W), afin de tenter de rejoindre l’équipage de « l’ Investigator », alors bloqué par les glaces depuis deux ans au nord de l’île de Banks. Ce vaisseau anglais, commandé par Mc Clure, c’était engagé par le détroit de Béring vers l’est et avait fait une navigation jusqu’au détroit du Prince de Galles avant de se voir boucher le passage par la glace. Il c’était alors dirigé vers le sud puis l’ouest de l’île de Banks avant de se retrouver bloqué au nord.
L’équipe de Kellet trouvera « l’Investigator « et ramenera l’équipage en Angleterre, prouvant que le passage était réalisable sans obstruction de glace.


>> Roald Amundsen
L’idée que le passage du Nord Ouest était impraticable persista durant prés de 50 ans après cette période d’intense recherche de l’expédition Franklin, jusqu’à ce que Roald Amundsen, Norvégien, se lance à nouveau dans une tentative qui allait cette fois si aboutir, en trois ans, à la découverte d’un passage maritime entre l’atlantique et le Pacifique par le nord du Canada. Sous l’influence de Fritjof Nansen, alors figure
emblématique des explorations polaires, le cotre la « Gjoa » quitte Oslo le 16 juin 1903 avec 7 hommes d’équipage en direction du cap Farewell, monte jusqu’à la baie de Melville et s’engage dans le Lancaster.

Après avoir connu plusieurs talonnages qui auraient pu lui être fatal au nord de l’île Matty (69°29’N-95°40’W), et un début d’incendies dans la cale moteur, la « Gjoa » trouve un lieu d’hivernage sur l’île du roi Guillaume. Commence alors une attente de 23 mois qui vont être l’occasion pour Amundsen et son équipage d’effectuer plusieurs recherches sur le magnétisme, ainsi que sur la reconnaissance des terres environnantes et sur la
 
connaissance du peuple Inuit. Le 12 août 1905, la « Gjoa » quittait la petite baie qui porte aujourd’hui le nom de Gjoa Haven (68°38’N-95°52’W) pour se diriger vers l’ouest, et après un second hivernage un peu après l’embouchure du fleuve Mackenzie, la « Gjoa » pu enfin franchir le détroit de Béring. Roald Amundsen et son équipage devenaient les premiers hommes à franchir le passage du Nord Ouest.


Sources:
Alain Fillion.
« à la recherche de l’expédition Franklin disparue dans l’archipel arctique ».
Editions du Félin 2007. Collection Les marches du temps.

Amiral Cornuault.
« Les forceurs du passage du nord-ouest ».
Editions france-empire 1971.
Sailing Directions. Arctic Canada. Pêches et Océans. Volume 1.


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